Typocentre imprime en vert

Typocentre imprime en vert

Spécialisée dans l’imprimerie de labeur, l’entreprise montluçonnaise Typocentre vient d’obtenir l’autorisation d’utiliser la marque Imprim’Vert, certificat de bonne conduite en matière de collecte et de traitement des déchets délivré, sur audit, par les chambres consulaires et le Pôle Innovation de l’Imprimerie (P2I).  PhR

« Penser à l’environnement et s’inscrire activement dans une démarche de développement durable est une priorité », souligne la présidente Annie Maroteau. « Cette stratégie d’entreprise dépasse le périmètre d’Imprim’Vert pour concerner le site d’impression dans son ensemble, du choix de nos matières premières à la suppression des mauvais gestes sur les machines… »

Confrontée à une forte mutation du secteur des arts graphiques depuis une dizaine d’années, Typocentre, qui emploie 32 salariés à Montluçon, investit dans les technologies propres et parie sur ses bonnes pratiques pour susciter la confiance d’une nouvelle clientèle, éco-responsable. Imprim’Vert sanctionne en effet un cahier des charges rigoureux en termes de sécurité environnementale : élimination conforme des déchets dangereux, sécurisation du stockage des produits liquides toxiques (neufs et déchets), et garantie de non utilisation de produits étiquetés « toxiques ». De fait, Typocentre a rationalisé la gestion de ses déchets ; tous les polluants font l’objet d’un traitement différencié par des partenaires qui garantissent une parfaite traçabilité. Spécialisé dans le traitement des déchets industriels dangereux (DID), Chimirec traite les chiffons, les emballages souillés et les solvants, récupérés dans des cuves et stockés sur des bacs de rétention pour éviter les écoulements. Les plaques d’aluminium sont récupérées par Lardet, les papiers par Véolia.

Autant de déchets réduits à l’amont par Typocentre, par des pratiques raisonnées (la proportion de l’alcool hysopropilique, mélangé à l’eau et à l’encre sur la plaque d’impression, a été réduite en un an de 10 à 2,5%, avec un objectif de suppression complète à terme) et des investissements dans des machines plus propres et plus économes. C’est le cas par exemple du système CTP (computer to plate) qui, mis en place en 2005, voit sa développeuse disparaître quatre ans plus tard pour produire désormais des plaques sèches, sans chimie, sans produits toxiques à traiter, sans écoulement d’eau. C’est le cas également du renouvellement du parc Offset, prévu dans les prochains mois, qui permettra un calage plus rapide et moins gourmand : 50 à 80 feuilles par calage, contre 300 à 400 aujourd’hui.

« La démarche environnementale est une démarche collective », souligne Annie Maroteau, qui rappelle que rien ne pourrait se faire sans l’adhésion de tous les salariés. D’où l’intégration du management dans le plan d’actions de l’entreprise, qui concerne également l’amélioration des postes de travail et la réduction de la pénibilité des tâches – notamment le port de charges lourdes - par un effort conséquent sur l’ergonomie des équipements : tables élévatrices, chariots électriques…

L’ensemble de ces pratiques dépasse le cadre d’Imprim’Vert (dont bénéficient 40% seulement de la profession et peu d’imprimeurs en Auvergne), et prépare déjà Typocentre aux labels PEFC/FSC sur le chemin des certifications. Bien que 90%* du papier utilisé par l’imprimeur montluçonnais soit déjà d’origine PEFC/EFC, c’est à dire issu de producteurs pratiquant une gestion durable des forêts, il doit lui-même obtenir ce label pour en estampiller ses productions. Ce sera donc le challenge de ces prochains mois. Un challenge qui tend à convaincre le client final qu’il existe une industrie « propre » des arts graphiques, et que le papier reste un matériau écologique dès lors que l’ensemble de la filière adopte un comportement responsable : « le papier demeure le produit ayant la meilleure empreinte carbone, de par ses origines mêmes », conclut Annie Maroteau.

*Sur un total de 100 à 120 tonnes par mois, Typocentre utilise également 8 à 9 tonnes de papier 100% recyclé. La moitié (4 tonnes par mois) est utilisée par la Ville de Montluçon, qui a fait dès octobre 2008 le choix du tout recyclé pour l'impression de ses magazines (Montluçon Notre Ville notamment).

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Galerie

Philippe Pinel, chargé du projet Imprim'Vert, et Annie Maroteau, PDG de Typocentre

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