Ruillier, Muller : destins croisés

Ruillier, Muller : destins croisés

Elodie Ruillier, Fabrice Muller… Deux artistes qui se rencontrent, deux parcours qui se croisent, à l’un de ces carrefours dont le destin a le secret. Elle cherche un pianiste, lui une chanteuse ; ainsi nait, entre Montluçon et Paris, une complicité musicale fertile qui, dans le groupe de l’une, dans l’orchestre de l’autre, n’en finit pas de porter ses fruits. PhR

Enfant, Elodie est portée vers les arts par des parents mélomanes, aux accents des Beatles que son père reprend avec son groupe amateur. Un souvenir d’enfance ? Les chansons entonnées à tue-tête avec son père pendant les trajets en voiture… Fabrice, lui, grandit à Montluçon ; sur les pas de son père, il apprend dès huit ans l’accordéon dans l’une des nombreuses écoles privées que compte la ville à l’époque. A 12 ans, il commence à animer les bals de la région, au sein de divers orchestres.

Chant, danse, théâtre… A 15 ans, Elodie découvre à l’Ecole supérieure du spectacle, alors unique en France, la rigueur et la richesse de la comédie musicale. A 16 ans, Fabrice est reçu au concours de l’Ecole supérieure d'accordéon, également à Paris, et suit en parallèle un cursus de piano classique au Conservatoire de Montluçon.

Bac en poche, Elodie s’envole pour l’état de New-York. A l’angle de Broadway et de la 72e, elle intègre la prestigieuse American Musical and Dramatic Academy (AMDA). A près de 6 000 kilomètres, Fabrice entre au Conservatoire national de région d’Aubervilliers-La Courneuve, en accordéon classique et piano jazz. Au Conservatoire de Montluçon, il obtient un premier prix en piano classique ; à Paris, des premiers prix en accordéon classique et formation musicale, un DEM et un diplôme d'état de jazz, et le diplôme de l'Ecole supérieure d'accordéon.

Après trois ans à l’AMDA, Elodie revient en France avec une maîtrise parfaite de la langue et du répertoire anglosaxons. Diplômé de jazz, Fabrice vit dix ans de la scène, intermittent du spectacle. Il enseigne à partir de 1992, et rejoint en 2005 le Conservatoire de Montluçon où, responsable du département de jazz (le seul en Auvergne), il enseigne le piano-jazz, l’arrangement du nonet au big-band, l’histoire du jazz, les relevés…

Elodie débute sa carrière dans les comédies musicales de la scène parisienne. Assez vite, elle se lasse pourtant des claquettes et commence à composer, glisse vers la pop. Chanteuse bilingue, elle préfère l’anglais, qu’elle juge plus musical… Avec Franck Sitbon, pianiste de la Nouvelle Star, aujourd’hui directeur musical de Grease, elle enregistre un premier album, Affranchie, produit par le label indépendant Mistiroux, qui sort le 7 avril 2009. L’album est disponible notamment sur les sites de téléchargement légal (Fnac, Virgin, iTunes…).

Devant faire face dans son orchestre à la défection d’une chanteuse, Fabrice multiplie les auditions. A Paris, il se rend plusieurs fois au Sherwood, un piano bar près de l’Opéra où Elodie se produit chaque dimanche. A quelques reprises, rapprochés par un ami commun, le saxophoniste Sylvain Hamel (aujourd’hui clarinettiste du groupe Monsieur Melon), Fabrice l’accompagne au piano. Pour tourner avec son album, Elodie cherche un pianiste (Franck Sitbon est surchargé) ; Fabrice cherche une chanteuse…

Pour la légende, c’est au Duc des Lombards – LE club de jazz parisien -, que la magie opère : c'est dit, Elodie prendra le micro dans l’orchestre de Fabrice, Fabrice tiendra les claviers dans le groupe d’Elodie.

Pure parisienne, Elodie voit de moins en moins la tour Eiffel et de plus en plus le château des Ducs de Bourbon, à l’ombre duquel elle se produit d’ailleurs à l’occasion de la Brocante musicale. Clin d’œil un peu chauvin, car les scènes locales qui se multiplient (Athanor, Commentry, Néris-les-Bains) n’excluent pas les rendez-vous parisiens : le Zèbre de Belleville, le Réservoir en première partie de Vincent Baguian, le Théâtre de la Reine Blanche… pour ne citer que les derniers.

A Montluçon, Elodie Ruillier et Fabrice Muller animent régulièrement le piano bar et le dancing du Royal Avenue, cabaret magique inauguré le 16 décembre sur l’avenue Marx-Dormoy, dont ils ont composé l’hymne officiel. Ensemble, ils déclinent standards de jazz et variété puis, quand le parquet s’enflamme, variété et musique populaire au sein de l’orchestre. A l’initiative du bassiste du groupe, François-Charles Delacoudre, ils préparent un spectacle musical consacré à Ella Fitzgerald, qui sera donné gratuitement au Conservatoire le 12 février, avant de tourner sur les scènes françaises.


www.elodie-ruillier.com
fabrice.muller2.free.fr

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