Le 15 décembre 2008, la Municipalité signait avec les trois opérateurs Bouygues, Orange et SFR une Convention pour l’application du guide des relations entre les opérateurs et les communes. Charte de bonne conduite de la téléphonie mobile, ce document prévoit la réalisation de campagnes de mesure aux frais des opérateurs.
Dans ce cadre, trois cabinets indépendants, Apave, Emitech et Véritas, ont réalisé à l’automne 2009 une série de 3 à 17 mesures sur 18 sites accueillant un public réputé réceptif (enfants, seniors…) à proximité d’antennes de téléphonie mobile : écoles Henri-Wallon, Jean-Rostand, Louise-Michel, Elsa-Triolet, Lamartine, Paul-Fort, Balzac, Louis-Pergaud, Desnos, Jean-Renoir, crèche des Conches, lycée Madame-de-Staël, gare de Rimard, Halle des Sports, Conservatoire, rues des Plantes, Appienne et Louis-Bonvin. Le but de la Municipalité est de garantir à la fois une bonne couverture téléphonique -notamment pour la nouvelle génération 3G-UMTS - et un niveau d’exposition acceptable… A l’exemple de la Ville de Paris, Montluçon a retenu le seuil moyen d’exposition sur 24 heures de 2 V/m.
Rappels
Les ondes
Les ondes peuvent être classées en trois groupes :
-
< 10 MHz : radios grandes ondes, cartes de détection sans contact, courant électrique…
-
> 10 et < 400 MHz : télévision et radio FM, réseaux professionnels…
-
> 400 MHz : 470 à 900, télévision et réseaux professionnels… 900 à 2170 ; téléphonie mobile… 2400 à 3600, WIFI, fours à micro ondes, WIMAX… > à 3600, radars, faisceaux hertziens…
Si les antennes radio ou télé émettent à puissance constante, la puissance des antennes téléphoniques varie en fonction du trafic. Il faut donc distinguer la puissance de pointe et la puissance moyenne sur une durée donnée. A titre d’exemple, la charte signée entre les opérateurs et la Ville de Paris prévoit une puissance moyenne sur 24 heures, tous opérateurs et toutes fréquences confondues, inférieure à 2 V/m avec un coefficient de 0.432 entre puissance maxi et puissance moyenne, ce qui revient à limiter la puissance maxi instantanée à environ 4.63 V/m. La valeur de 0.6 V/m indiquée par certains correspond avec les mêmes critères de calcul à une valeur de pointe de 1.39 V/m ; de même, une puissance mesurée de 2 V/m maxi correspond une puissance moyenne de 0.87 V/m.
Ces ondes sont présentes partout et leurs champs sont plus ou moins importants selon les origines. A titre d’exemple (Sources : http://www.paris.fr et ERDF) :
-
Le cerveau humain émet environ 5 mV/m, le cœur 50 mV/m
- Au milieu d’un champ, on reçoit jusqu’à 0.2 V/m par temps calme, jusqu’à 100 000 V/m pendant un orage
- Un écran d’ordinateur émet de 1 à 10 V/m, une ligne électrique 20 000 Volts environ 10 V/m à 30 mètres, un téléviseur 60 V/m, un grille-pain 40 V/m, une antenne de radio FM quelques dizaines de V/m
Les antennes de téléphonie mobile
Pour les antennes de téléphonie mobile, les normes européennes d’émissions sont les suivantes :
- Pour les antennes GSM à 900 MHz : 41 V/m maxi
- Pour les antennes GSM à 1 800 MHz : 58 V/m maxi
- Pour les antennes UMTS (ou 3G) à 2 100 MHz : 61 V/m maxi
Les mesures montrent que l’émission d’une antenne est de environ 90 V/m à 1 cm ; 50 V/m à 1m et varie de 0.01 à quelques V/m au-delà de 5m avec une diminution progressive en fonction de la distance. Le principe de diffusion des ondes montre également que l’émission directement sous une antenne est quasi nulle et augmente progressivement plus on s’éloigne pour être identique quel que soit le niveau à partir d’une distance variable de 50 à 200 mètres.
Il est important de comparer les ondes émises par les antennes et celles émises par les téléphones portables. Plus le portable est éloigné de l’antenne, plus son émission est importante. Des mesures ont montré que la puissance émise par un téléphone situé à 1km de l’antenne était 25 fois plus importante qu’à quelques dizaines de mètres. L’Académie de Médecine dans un communiqué du 3 mars 2009 conclut ainsi son rapport : « Etre exposé pendant 24 heures à une antenne à 1V/m donne la même exposition de la tête que de téléphoner avec un portable collé à l’oreille pendant 30 secondes ».
Cadre sanitaire
Le rapport de l’Agence Française de Sécurité Sanitaire de l’Environnement et du Travail (AFSSET) du 15 octobre 2009 précise que :
- Sur 182 études réalisées in vitro sur les effets des ondes sur les cellules, 82, dont 9 répondent aux critères de la rigueur scientifique, montrent des effets biologiques ; 100, dont 69 répondent aux mêmes critères scientifiques, n’en montrent pas.
- Sur 44 études réalisées sur l’humain, 20, dont 2 répondent aux critères de la rigueur scientifique, montrent des effets ; 24, dont 17 répondent aux mêmes critères scientifiques, n’en montrent pas.
Dans ses avis, l’AFSSET indique :
-
Que la majorité des études menées ne démontrent pas d’effets pour des expositions à des puissances non thermiques.
-
Que la mise en évidence d’un effet biologique ne démontre pas l’existence d’un effet sanitaire associé.
-
Que dans ce contexte, aucun effet non thermique ne permet de fonder de nouvelles valeurs limites réglementaires.
-
Que plus généralement on ne peut formellement montrer l’inexistence d’un risque.
-
Que la téléphone mobile reste très largement le principal mode d’exposition aux champs de radiofréquences, en comparaison notamment à l’exposition générée par les antennes relais
En conclusion, l’AFSSET fait un certain nombre de propositions pour réduire le niveau des ondes, notamment par la réduction de la puissance des téléphones, par l’identification des lieux anormalement exposés, par la protection des enfants… Pour ce qui concerne les antennes : « ... (il faut) peser avec soin les conséquences, pour la population générale (enfants, etc.) et pour les utilisateurs de téléphonie mobile, d’une réduction de la puissance des antennes relais qui pourrait conduire à l’augmentation de l’exposition de la tête aux radiofréquences émises par les téléphones mobiles ».
Campagne 2009
En septembre et octobre 2009, les cabinets Apave, Emitech et Véritas ont réalisé de 3 à 17 points de mesure sur 18 sites.

-
Les ondes radio et télé sont partout inférieures à 0.4 V/m.
-
Dans 8 écoles, le niveau des champs cumulés toutes sources confondues entre 100 KHz et 3 GHz est partout inférieur à 0.2 V/m, la valeur maxi pour les seules antennes est inférieure à 0.1 V/m.
-
Dans 3 écoles, à la crèche Babilou, dans la Halle des Sports et rue des Plantes, le niveau des champs cumulés est partout inférieur à 0.3 V/m, dont 0.23 V/m pour les ondes radio, la valeur maxi pour les seules antennes est inférieure à 0.4 V/m.
-
Dans une école, Balzac, le niveau dans les classes est inférieur à 0.2 V/m en cumulé et à 0.1 V/m pour les seules antennes ; dans la cour il est de 0.58 V/m en cumulé dont 0.17 V/m pour les ondes radio, inférieur à 0.4 V/m pour les seules antennes.
-
Au Conservatoire, le niveau cumulé dans le bâtiment est inférieur à 0.2 V/m. Devant l’entrée il est de 0.76 V/m en cumulé dont 0.16 V/m pour les ondes radio, de 0.51 V/m pour les seules antennes.
-
Rue du Gouverneur-Louis-Bonvin, le niveau cumulé est au maximum de 0.39 V/m dont 0.24 V/m pour les ondes radio. Pour les antennes, le niveau maxi est de 0.68 V/m, de 0.83 V/m si tous les opérateurs sont en même temps à puissance maxi sur toutes les fréquences.
-
Au lycée Madame-de-Staël, le niveau cumulé est au maximum de 0.83 V/m dont 0.22 V/m pour les ondes radio. Pour les antennes, le niveau maxi est de 0.62 V/m.
-
Autour de la gare de Rimard, 12 points différents ont été contrôlés. Le niveau des champs cumulés toutes sources confondues varie selon le point de mesure de 0.33 à 1.11 V/m (dont 0.33 V/m pour les ondes radio). Pour les antennes, le niveau maxi est de 2.05 V/m pour le point le plus exposé ; de 2.27 V/m si tous les opérateurs sont en même temps à puissance maxi sur toutes les fréquences.
A titre de comparaison, 1562 mesures des niveaux moyens d’exposition ont été réalisées par la Ville de Paris dans le cadre de sa charte : 83.7% sont inférieures à 0.5 V/m ; 9.9% sont comprises entre 0.5 et 1 V/m ; 4.9% sont entre 1 et 2V/m ; 1.5% sont supérieures à 2V/m.
Synthèse
-
En aucun point de la ville, le niveau des champs cumulés toutes sources confondues entre 100 KHz et 3 GHz n’est supérieur à 1.11 V/m dont 0.33 V/m pour les ondes radio ; trois points seulement situés près de l’antenne de Rimard sont supérieurs à 1 V/m.
-
Pour ce qui concerne les seules antennes téléphoniques, tous opérateurs et toutes fréquences confondus à trafic maximum simultané, une seule zone atteint 2.27 V/m, toutes les autres sont inférieures à 0.83 V/m. Si l’on applique le coefficient de 0.432 entre la puissance maxi et la puissance moyenne, nous obtenons pour ce point une puissance moyenne de 0.98 V/m (ce qui correspond à la moyenne mesurée sur 6 minutes le 2 septembre 2009).
-
Dans l’immense majorité des mesures, les ondes émises par les antennes sont inférieures en pointe à 0.05 V/m ce qui veut dire que dans pratiquement toute la ville la faible puissance des antennes est compensée par la puissance du téléphone. Les mesures montrent que ceci est encore plus vrai pour l’UMTS (3G) et que donc notre ville est sous-équipée en ce domaine.
Contact : Service Hygiène/Santé
Cité AdministrativeTél : 04 70 02 55 15
Contactez par mail

